RENTRÉE AUX TUILERIES
» des gardes nationaux surtout. Une partie des dé- » putés sortirent de la salle pour être témoins du spec- » tacle. On remarqua M. d'Orléans, ce qui parut au » moins inconsidéré. Arrivés en face de la grille d'en- » trée du château et au pied de la première terrasse, » je crus qu'il allait se passer une scène sanglante. Les » gardes nationaux se pressaient autour de la voiture » sansordre et sans vouloir rien entendre. Lesgardesdu » corps qui étaient sur le siège excitaient l'indignation, » la rage des spectateurs. On leur présentait des baïon- » nettes, avec les menaces et les imprécations les plu» » terribles. Je vis le moment où ils allaient être im- » molés sous nos yeux. Je m'élance de tout mon corps » hors de la portière I J'invoque la loi ! Je m'élève » contre l'attentat affreux qui va déshonorer les ci- » toyens. Je leur dis qu'ils peuvent descendre; je le leur » commande avec un empire qui en impose. On s'en h empare assez brusquement, mais on les protège, et » il ne leur est fait aucun mal. Des députés fendent la » foule, arrivent, nous secondent, exhortent, parlent » au nom de la loi. •
» M. de La Fayette, dans le même moment, paraît » à cheval au milieu des bayonnettes, s'exprime avec » chaleur. Le calme ne se rétablit pas, mais il est facile » de voir qu'il n'existe aucune intention malfaisante. » On ouvre les portières ; le Roi sort : on garde le » silence. La Reine sort ; on murmure avec assez de » violence ; les enfants sont reçus avec bonté, même » avec attendrissement. . . »
Dans la soirée, Pétion rentre dans l'appartement du Roi. Diverses circonstances Tétonnent : « Déjà, dit-il, » tous les valets y étaient rendus dans leur costume