RENTRÉE AUX TUILERIES
» d'usage. Il semblait que le Roi revenait (sic) d'une » partie de chasse ; on lui fit la toilette. En voyant le » Roi, en le contemplant, jamaison n'aurait pu deviner » tout ce qui venait de se passer ; il était tout aussi » flegme (sic), tout aussi tranquille que si rien n'eût été. » Il se mit sur le champ en représentation ; tous ceux » qui l'entouraient ne paraissaient pas seulement pen- » ser qu'il fût survenu des événements qui avaient » éloigné le Roi pendant plusieurs jours et qui le • ramenaient. J'étais confondu de ce que je voyais. . . » Comme j'étais excédé de fatigue et que je haletais » de soif, je priai Madame Elisabeth de vouloir bien » me faire donner des rafraîchissements, ce qui fut fait » à l'instant. »
Pendant que Pétion buvait, il éprouva un nouveau sujet d'étonnement. Madame de Tourzel, qui devait être gardée à vue par ordre de M. de La Fayette, avait fait demander à Madame Elisabeth un livre qu'elle lui avait promis de lui prêter. Ce volume avait été déposé par M. Hue, premier valet de chambre du Dauphin, sur la table, près de Pétion, en attendant que les commissaires fussent sortis. Pétion l'examinacurieusement, s'attendant à lire le titre de quelque roman de l'époque. Cet ouvrage était intitulé, « Pensées sur la mort ! » Peut-être comprit-il alors que la Princesse avait puisé ailleurs que dans un vain orgueil et dans une insouciance frivole, le calme dont son esprit borné se déclarait confondu.
Triste nuit que celle qui suivit la rentrée des fugitifs dans ce château, encore souillé par les traces de Té-
Di