LE JOURNAL. — UNE BONNE NOUVELLE
titution. Alors secrète, cette lettre appartient aujourd'hui à l'histoire, et donne une haute idée de l'intelligence des affaires et du discernement politique du malheureux Louis XVI.
20 septembre. — Ce jour apporte une bonne nouvelle, événement si rare dans la triste vie de Madame Elisabeth. Elle apprend que Mme de Bombelles a trouvé un asile pour l'automne et peut-être l'hiver : c'est un manoir près de Roschack, dans le canton de Saint- Gall, en Suisse (I). Le climat du pays est doux et pur, la ville propre et aérée, la vie assez bon marché. Les catholiques sont nombreux dans le canton. Il y a des ressources pour l'éducation des enfants de Mme de Bombelles, qui avançaient en âge et se préparaient à faire leur première communion. La bibliothèque d'une vieille abbaye est accessible aux lecteurs et aux curieux. Quant aux environs, ils sont enchanteurs, le3 bords delaSteinach, délicieux. Enfin, quelques Français dispersés dans des fermes, dans des hôtelleries des environs « seront de précieuses recrues pour la société du » marquis, » car, écrit Madame Elisabeth en répondant gaiement à la lettre de la pauvre émigrée, a on » a beau dire, l'hiver, on en a un peu besoin, surtout » pour un homme qui n'a pas la ressource de l'ou- » vrage. Oui, mon cœur, continue-t-clle, je voudrais » pouvoir me transporter dans ta solitude ! Que j'y » trouverais de douceur ! Mais la Providence m'a
(i) Le château de Wartegg, appartenant au prince Béda» abbé de Saint-Gall, qui l'avait donné à bail à la famille de La Tour-Valsassina. Le marquis de Bombelles le loua en 1791 et y demeura plusieurs années. C'est là que Mtt0 de Bombelles apprit la mort de sa royale amie.