‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 148 sur 284 · LE JOURNAL. — JOURNÉE DU 20 JUIN · texte numérisé non relu

LE JOURNAL. — JOURNÉE DU 20 JUIN

» rent. Je restai auprès du panneau, environnée des » ministres, de M. de Marsilly et de quelques gardes » nationaux. Les piques entrèrent dans la chambre » comme la foudre. Ils cherchaient le Roi, surtout » un qui, dit-on, tenait les plus mauvais propos. Un » grenadier rangea son arme en disant : « Malheu- » reux ! c'est ton Roi ! » Le reste des piques répondit » machinalement à ce cri. La chambre fut pleine en » moins de temps que je n'en parle.Tous demandaient » la sanction et le renvoi des ministres. Pendant » quatre heures, le même cri fut répété. Des membres » de l'Assemblée vinrent peu de temps après. MM. Ver- » gniauld et Isnard parlèrent fort bien au peuple, pour » leur dire qu'ils avaient tort de demander ainsi au » Roi la sanction, et les engagèrent à se retirer. Mais » ce fut comme s'ils ne parlaient pas. Ils étaient bien » longtemps avant que de pouvoir se faire entendre, a et à peine avaient-ils prononcé un mot, que les cris » recommençaient. Enfin, Pétion et des membres de » la municipalité arrivèrent. Le premier harangua le » peuple, et, après avoir loué la dignité et l'ordre avec » lequel il avait marché, il l'engagea à se retirer dans » le même calme, afin que l'on ne pût lui reprocher » de s'être livré à aucun excès dans une fête civique. » Enfin, le peuple commença à défiler.

» Peu de temps après qu'il fût entré, des grenadiers » s'étaient fait jour et l'avaient éloigné du Roi. Pour » moi, j'étais montée sur la fenêtre du côté de la » chambre du Roi. Un grand nombre de gens atta- » chés au Roi s'étaient présentés chez lui le matin. Il » leur fit donner l'ordre de s'éloigner, craignant la » journée du 18 avril.

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