MADAME DE CAUSANS
la mission de surveiller la maison de Madame Elisabeth, tout en ne portant que le titre de dame, pour accompagner la jeune princesse. Autour de celle-ci personne ne s etonnait de ce choix et ne songeait à se dérober à cette autorité tacite. Mmc de Causans devint ainsi pour Madame Elisabeth une troisième institutrice, et mérita d'elle une tendresse respectueuse et filiale. Cette affection d'une jeune fille de quinze ans, entourée de toutes les séductions d'une haute situation, pour une personne déjà âgée et attristée par les épreuves d'une vie sévère et difficile, est trop touchante pour ne pas nous obliger à en signaler quelques traits, malgré la simplicité qui les caractérise.
Mm' de Causans. veuve et presque sans fortune, n'avait accepté de place à la cour que dans l'intérêt de cinq enfants qu'elle élevait péniblement. C'était dans ce but, et pour obtenir la protection royale, qu'elle avait abandonné une vie patriarcale dans sa terre de famille. Un fils et trois de ses filles l'avaient accompagnée à Paris, où elle habitait, rue de Grenelle, un modeste appartement, auprès du couvent de Panthemont. Ses filles étaient chanoinesses du chapitre de Saint- Louis de Metz, et portaient, selon l'usage ancien, des noms venant de terres de leur maison. L'une s'appelait la comtesse de Vincens ; la seconde, la comtesse de Mauléon ; la troisième, encore enfant, la comtesse d'Ampurie. Les prescriptions du chapitre de Metz les obligeaient à y passer huit mois de l'année. Le reste était consacré fcà leur mère, qui les amenait à Versailles, où elles se partageaient son appartement pendant la durée de son service. Une vieille et dévouée servante leur tenait lieu de gouvernante. Madame Elisabeth, instruite de la