MALOUET ET MONTMORIN ÉCRIVENT AU ROI
» des moyens positifs de résistance et de salut. La » prépondérance des Jacobins à Paris, leurs projets, » leur audace et la férocité de la populace révolu tion- » naire menacent évidemment la vie du Roi et de la » famille royale. 11 n'y aura aucun moyen de leur » échapper, si on ne les prévient avant la venue des » Marseillais, que nous savons être mandés par le ù Comité de la Commune (1). » Malouet rappelle à La Porte l'arrivée imminente de ces hommes de sang, préparée par le décret du 8 juin, œuvre du ministre de la guerre Servan et du parti girondin. Il les sait partis le 2 juillet. Le décret ordonnait qu'à l'occasion de la fédération prochaine du 14, chaque canton du royaume enverrait cinq hommes armés, et qu'il en serait formé un camp de vingt mille hommes sous les murs de Paris. Que pourrait-on faire contre cette armée de l'insurrection ?
« Je n'eus pas de peine à persuader l'honnête et bon » La Porte, ajoute Malouet. Nous convînmes que j'é- » crirais au Roi, dans le plus grand détail, tout ce que » je pensais de sa position et des mesures à prendre » pour en sortir. Il se chargea de lui remettre ma » lettre. J'allai la concerter avec M. deMontmorin. Je » n'y oubliai rien. »
Cette lettre, en effet, répondait à toutes les objections que l'on pouvait présenter à une tentative d'évasion. Ecartant le projet de Mm0 de Staël, Malouet et Montmorin développaient celui de M. de Liancourt. Ils lui demandaient la liberté d'agir auprès des royalistes réunis à Paris et des gardes nationales dé-
(1) Mémoires de Malouet, t. II, p. 151.