‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 164 sur 284 · M. DE LA CHÈZE ET PÉT10N · texte numérisé non relu

M. DE LA CHÈZE ET PÉT10N

« Si nous consentons à traiter avec le Roi, qu'il nous » envoie un aristocrate du ne réputation bien établie. » Nous n'avons jamais été trompés par ceux-ci, et >> nous l'avons été plus d'une fois par les constitu- » tîonnels. »

Alors intervient, dans cette partie peu connue de cette lamentable histoire, une des plus nobles et des plus imposantes personnes de l'entourage royal. Madame de Tourzel, gouvernante des enfants de France, est appelée par la Reine. « Connaissez- vous encore à » Paris, lui dit cette princesse, quelqu'un assez probe, » assez au-dessus de tout soupçon, qui soit capable » de mener adroitement une pareille négociation?

i J'indiquai à la Reine, rapporte Mmo de Tourzel, » M. de La Ghèze, membre du côté droit de l'Asseni- » blée Constituante, d'une probité et d'un désinté- » ressèment à toute épreuve, et qui, même dans le » parti opposé au sien, jouissait d'une grande consi- » dération. Mais je ne pus lui dissimuler qu'étant père » de huit enfants, il aurait peut-être de la peine à se » charger d'une négociation dont les suites pouvaient * être si dangereuses. A la première proposition qui » lui en fut faite, il n'hésita pas un instant : € Je ne » connais pas, dit-il, le danger d'une démarche, lors- » qu'elle peut être utile à mon roi, et je sacrifierais » volontiers ma vie pour le sortir de la cruelle si- » tuation où il se trouve. »

» Le Roi, continue Mme de Tourzel, le fit venir dans » son cabinet, où il fut introduit secrètement par » mon valet de chambre, qui le fit passer par le petit » escalier de Mgr le Dauphin, pour que personne » n'en eût connaissance. Il fut chargé de sonder les

Page 1