‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 169 sur 284 · REVUE DE L'ANCIENNE MAISON DU ROI · texte numérisé non relu

REVUE DE L'ANCIENNE MAISON DU ROI

réunis à eux, résolurent de s'organiser, et se divisèrent en deux compagnies, sous les ordres du vieux maréchal de Mailly. Une de ces compagnies nomma le général de Vioménil pour commandant ; l'autre choisit M. de Puységur. Quand cette troupe se vit rassemblée, elle se rangea en haie pour être passée en revue par le Roi. Une vingtaine de grenadiers des gardes nationales , appartenant aux classes bourgeoises et commerçantes de Paris, étaient à la porte de la salle du Conseil, où se tenait la Reine pendant la revue du Roi. Madame Elisabeth et les enfants étaient à côté d'elle. Voyant la défiance et le mécontentement se peindre sur les physionomies de ces gardes nationaux à la vue des vieux officiers rangés dans la galerie, Marie-Antoinette leur adressa ces paroles : « Messieurs, tout ce que vous avez de plus » cher, vos femmes, vos enfants, vos propriétés, tout » dépend aujourd'hui de notre existence. Notre in- » térêt est commun. Vous ne devez pas avoir la » moindre défiance de ces braves serviteurs qui par- » tageront vos dangers, et vous défendront jusqu'au » dernier soupir. » Elle leur parlait, dit un témoin, avec tant de dignité et de chaleur, que les larmes coulaient de tous les yeux. « Le Roi s'exprima ensuite » avec une émotion courageuse. Emportés par un » mouvement électrique, les grenadiers chargèrent » leurs armes. Ils semblaient renouveler en cet ins- » tant la scène sublime du Moriamur pro Rege nos- » tro » (1). La plus parfaite union régna en ce moment entre ces soldats citoyens et les deux cents

(1) Peltier. Dernier tableau de Paris, t. II. Le dix août.

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