‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 184 sur 284 · LE TEMPLE DU 20 AOUT AU 2 SEPTEEBRE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DU 20 AOUT AU 2 SEPTEEBRE

et il avoua depuis que cette dignité naturelle, opposée à tant de cruautés et d'outrages, les rendaient plus respectables encore dans leur abaissement que dans leur grandeur.

Toutes deux cependant versaient des larmes amères en préparant ces envois. Madame Elisabeth sentait son cœur se briser. Les dernières épreuves l'avaient étroitement unie à la princesse de Lamballe, si dévouée à la Reine, si patiente et si douce au milieu des dangers qu'elle avait partagés volontairement. Mme de Tourzel lui inspirait une profonde vénération, et Mlle de Tourzel une affection presque maternelle. Elle la regrettait aussi pour sa jeune nièce, privée de cette amie qui lui était devenue si chère et qu'elle avait espéré pouvoir conserver.

Après cette triste séparation, Madame Elisabeth quitta son pauvre logement du troisième étage et descendit s'établir dans la chambre du Dauphin, qui fut transporté chez la Reine. On plaça le lit de Madame Royale dans la chambre de sa tante, et une dizaine de jours s'écoulèrent dans une sorte d'uniformité. A six heures du matin, Madame Elisabeth se levait. A neuf heures, on déjeûnait en famille ; puis les enfants recevaient des leçons données parleurs parents. A une heure, une promenade dans le jardin, sous la surveillance de Santerre et de quatre municipaux, était permise aux prisonniers. Il fallait passer devant le porteclefs de la Tour, exécrable individu nommé Rocher, qui se donnait le plaisir, avec son camarade Risbey, * d'insulter journellement la famille royale. « Mariei) Antoinette faisait la fière d'abord, disait-il à ses » compagnons, mais je l'ai forcée de s'humaniser. Sa

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