‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 19 sur 284 · RÈGLEMENT DE VIE · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT DE VIE

C'était ainsi que Madame Elisabeth formait des amitiés parmi ses nouvelles dames, tout en conservant son affection pour ses premières institutrices. Ces dernières nous apprennent que leur élève chérie, en prenant son rang à la cour, s'était tracé « une sorte de » règlement, prenant dans sa conscience la volonté » d'exercer sur elle-même la surveillance que ses » maîtresses n'exerçaient plus. On la vit conserver ses » maîtres, leur montrer plus de docilité, continuer à » visiter régulièrement ses tantes, consacrer le même » temps à l'étude des langues et des belles-lettres. x> Elle avait ses heures marquées pour la prière, pour

* la méditation ; elle lisait chaque jour l'office en en- » tier, joignant à cette forle nourriture quotidienne, » celle des meilleurs livres de religion. Le goût que,

* dès son enfance, elle avait montré pour les mathé- » matiques, avait été cultivé. Après Le Blond, son pro- » fesseurfutMauduit, émule du célèbre Lalande(i). » La famille de Mauduit conserve de la main de Madame Elisabeth une table de logarithmes fort ingénieuse et dont parle avec éloges une lettre de Callet, directeur de la marine au collège de la ville de Vannes (2).

Cet attrait d une jeune fille pour une science aussi aride que les mathématiques n'était pas rare à une époque ouverte à tant de curiosités nouvelles. Gomme plusieurs de ses contemporaines, Madame Elisabeth obéissait à l'un de ces mouvements de l'intelligence qui se manifestent surtout à la veille des grandes crises sociales. Les sentiments pieux dans lesquels elle

(1) Beauckesne.

(2) Feuillet de Conehes. Introduction.

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