‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 194 sur 284 · BONAPARTE A SA1NT-CYR · texte numérisé non relu

BONAPARTE A SA1NT-CYR

emmener sa sœur en Corse, auprès de sa mère. M™* de Grécy combattit son projet : « Quand même, lui dit-elle, » je serais disposée à vous seconder, pourrais-je faire » que la communauté ne fût pas prisonnière? Ne » savez-vous pas que votre sœur ne peut sortir d'ici » que sur l'avis de la municipalité et sur Tordre du » directoire du district 1 » Voyant cependant le jeune homme décidé à agir, elle le laissa rédiger une pétition dans le parloir et lui indiqua la maison de l'épicier Aubrun, maire de la commune. Bonaparte y courut, trouva une vive résistance et ne tarda pas à la dominer, amena le maire au parloir avec un secrétaire greffier, l'obligea à délivrer l'acte, retourna à Versailles, obtint de la même manière l'autorisation requise, et revint à Saint-Cyr, où il montra l'ordre et l'exécuta, à la surprise des religieuses et des habitants du village. Quelques témoins se souvinrent de cette marque d'énergie, quand plus tard ce même jeune homme, sorti de la Révolution, sut en limiter le débordement et lui dicter des lois souveraines.

Mais la proclamation de la République devait amener la dissolution de l'institut de Saint-Louis. Trois mois après les religieuses furent dispersées. Quelquesunes retournèrent dans leurs familles : ce furent les plus heureuses. Mme Campan en connut d'autres retirées à Saint-Germain et elle ouvrit, aidée de leurs conseils, une maison d'éducation devenue célèbre. Un petit nombre parvint à émigrer, mais pour s'éteindre obscurément à l'étranger.

Longtemps après les événements de 1792, un voyageur français rencontra sur les grèves de Douvres deux vieilles femmes dont l'aspect encore imposant et

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