DISPERSION DES DAMES DE SAINT-CYR
noble, malgré leur misérable costume, attira ses regards. Il questionna des pêcheurs qui paraissaient les connaître. « Ce sont, lui répondirent ces hommes, » d'anciennes religieuses de Saint-Cyr qui se sont » réfugiées en Angleterre après la dispersion de leur » couvent (of their nunery). Elles vivent à Londres » du produit de leurs ouvrages de tapisseries et sont » trop pauvres et trop âgées pour retourner dans leur » pays, mais tou3 les ans elles nous arrivent à l'au- » tomne. A force de privations, elles amassent de quoi » payer leur route, qu'elles font en partie à pied. » Nous les voyons monter péniblement sur les dunes, » où elles restent à pleurer en regardant du côté de » la France 1 » (1).
Cependant, les paroles de Chaumette tardèrent peu à s'accomplir. Le 29 septembre, la Commune décida que « la garde des prisonniers du Temple devenant » tous les jours plus difficile par leur concert et les » mesures qu'ils peuvent prendre entre eux, la res- » ponsabilité du conseil général de la Commune lui )> imposant l'impérieuse loi de prévenir les abus qui » peuvent faciliter l'évasion de ces traîtres, il a pris » l'arrêté suivant :
» 1° Que Louis et Antoinette seront séparés ;
» 2° Que chaque prisonnier aura son cachot parti- » culier;
» 3° Que le valet de chambre sera mis en état d'ar- » restation;
(1) Souvenirs inédits.