LE ROI SÉPARÉ DE SA FAMILLE
» 4o Adjoint, avec les cinq commissaires déjà nom- » més, Hébert ;
» 5° Les autorise à mettre à exécution l'arrêté de » ce soir, sur le champ même, de leur ôter l'argen- » terie, les accessoires pour la bouche ; en un mot, le » conseil général donne plein pouvoir à ses commis- » saires d'employer tout ce que leur prudence leur » prescrira pour la sûreté de ces étages. »
Le logement du Roi, dans la grosse tour du Temple, était terminé. Louis XVI se sépara le soir de sa famille. Les larmes de la Reine et de Madame Elisabeth, le chagrin des enfants émurent les municipaux à tel point que, bravant les ordres de la Commune, ils prirent sur eux de permettre le lendemain aux prisonniers de se réunir chez le Roi à l'heure du dîner. Le grossier Simon lui-même était attendri : « Je crois, dit-il très haut, que ces b. de femmes me feraient pleurer ! » Il ajouta aussitôt comme correctif, en s'adressant à la Reine : « Quand vous assassiniez le » peuple au 10 août, vous ne pleuriez pas, vous ? » « — Le peuple est bieu trompé sur nos sentiments, ré- » pondit tristement la Reine. »
Le 26 octobre, la Reine, ses enfants et Madame Elisabeth furent installés au troisième étage de la nouvelle prison. Les pauvres prisonnières attendaientce moment avec impatience, sachant qu'elles devaient habiter un logement au-dessus de celui du Roi et se flattant de le voir, plus souvent. La dureté d'une réunion improvisée, qui s'intitulait le Conseil du Temple, fit de ce changement un cruel chagrin pour la malheureuse Reine. Ce conseil, composé de Rocher, Jérosme, Cochois et Massé, prit un arrêté qui, sous la forme