‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 197 sur 284 · LA GROSSE TOUR DU TEMPLE · texte numérisé non relu

LA GROSSE TOUR DU TEMPLE

d'une mesure de convenance et d'ordre, retirait le Dauphin des mains de sa mère et le remettait entre celles de son père. Le soir même de l'entrée de Marie- Antoinette dans la grosse tour, on lui enleva son fils. Madame Royale partagea sa chambre.

On retrouvait dans ce vieux monument quelques traces du temps qui l'avait vu bâtir. Le rez-de-chaussée n'avait même subi aucun changement. Par la sévérité de son architecture, par sa voûte en ogive, par l'élégance du chapiteau de son lourd pilier, il rappelait bien l'époque de ces brillants chevaliers dont Philippele-Bel avait si sévèrement puni l'opulence et l'ambition (1). C'était dans cette salle que s'assemblaient les commissaires de la Commune pour délibérer. C'était là aussi qu'ils prenaient des repas plantureux, souvent terminés par des orgies, et qu'ils couchaient dans quatre lits antiques, à colonnes torses, adossés aux murs de cette vaste pièce. Une petite porte de fer existait dans un des coins formés par les tourelles qui flanquaient l'édifice. Lorsqu'elle s'ouvrait, on découvrait un escalier en colimaçon montant jusqu'aux créneaux.

Le premier étage servait de corps de garde. Le second et le troisième avaient été divisés chacun en quatre chambres, fermées par des cloisons en planches, avec de faux plafonds de toile. Le troisième, où demeuraient la Reine, Madame Royale, Madame Elisabeth et le couple Tison, était fermé par une porte de chêne et une porte de fer ouvrant sur une antichambre. La porte de la chambre de Madame Ëlisa-

(1) Beaucbesne. Vie de Madame Elisabeth.

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