‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 202 sur 284 · DÉVOUEMENT DES SERVITEURS DU TEMPLE · texte numérisé non relu

DÉVOUEMENT DES SERVITEURS DU TEMPLE

Cléry se rétablit, retrouva promptement ses forces et reprit son service avec un courage plein de reconnaissance pour tant de marques de bonté.

On arrivait alors aux premiers jours de décembre. La Commune du 10 août avait fait place à une nouvelle municipalité, qui décida que le nombre des commissaires de service auprès du Roi et de la Reine serait doublé, et que la surveillance serait plus active et la servitude plus étroite. Cléry se vit durement traité : on sembla vouloir le punir des soins dont le Roi et sa sœur l'avaient comblé pendant sa maladie. Il dut renoncer à toute communication avec le dehors; il lui fut interdit d'adresser un seul mot aux aides de cuisine, Turgy, Chrétien et Marchand, dont on suspectait le dévouement à la Commune, et non sans raison.

Enfants du peuple, ces trois hommes, venus des Tuileries au Temple, ont tenu une noble place dans la funeste histoire de leurs malheureux maîtres. Il est vrai que le spectacle dont ils avaient été témoins dans les cuisines des Tuileries, le 10 août, n'était guère capable de leur inspirer l'amour de la démagogie républicaine. « J'y étais, raconte un témoin (1). On » avait tout tué, depuis les chefs d'office jusqu'à leurs » aides. Un pauvre diable de marmiton fut enfoncé, » pétri dans une chaudière, et, dans cet état, exposé » au feu ardent des fourneaux. » Echappés à de semblables tortures, parce qu'on avait eu besoin de leurs services à l'Assemblée, ils les continuaient dans la prison royale, sans cesse rudoyés par les commis- Ci) Mercier. Nouveau tableau de Paris.

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