RETOUR DE JOSEPH II
» gère. » Vêtue de mousseline des Indes, et coiffée de fleurs naturelles, mêlées à ses beaux cheveux à peine poudrés, elle jetait sur ces jardins illuminés le doux regard d'azur dont la délicieuse miniature de Sicardi (!) a conservé la céleste expression, et ne dissimulait pas le plaisir qu'elle éprouvait. Peu de jours ensuite, Joseph II quitta Versailles, emportant le souvenir de cette enfant au visage de rose, qui, par sa simplicité, sa franchise et son esprit naturel, l'avait captivé plus que ne l'avouait son entourage. Il revint l'année suivante et d'une façon trop inopinée pour ne pas exciter de nouveau la curiosité : « Nous avons ici l'empereur, » écrit un témoin, ou plutôt nous ne l'avons plus ; il » doit se trouver en Hongrie, le \ 9 de ce mois, à un » camp qu'il y rassemble. Il n'a pas de temps à perdre, » comme vous le voyez. On l'a plus goûté que jamais » ici encore ; on ne dit des choses polies d'une ma- » nière plus flatteuse que lui. Il satisfait tout le monde. > Il arriva dimanche soir à Versailles : au milieu de » la salle des gardes du corps, que la reine traversait, » voilà un homme qui se jette à son cou et l'embrasse. » Il fallait être empereur pour faire de ces choses-là. » Aussi l'était-il ! C'était lui-même ! (2) »
Deux ans plus tard, Joseph II revint avec plus de solennité. • En ce moment, écrit un témoin, tous les » regards sont fixés sur l'illustre voyageur qui est en » route pour venir voir nos souverains (3). » Il arrive le 2 août à l'hôtel de Valois, et passe quelque temps à
(1) Aujourd'hui en la possession de M. le marquis de Raigecourt.
(2) Correspondance inédite de M. le chevalier de L. P.
(3) Correspondance secrète publiée par M. de Lescure.