‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 211 sur 284 · LE ROI ÉCRIT SON TESTAMENT · texte numérisé non relu

LE ROI ÉCRIT SON TESTAMENT

Commune aux municipaux de se rendre dans les différentes paroisses de Paris pour empêcher la célébration de la messe de minuit. Envoyé à Saint-Eustache, les femmes de la halle l'avaient bafoué et battu. Il ajouta que les portes avaient été forcées et la messe dite en grande cérémonie malgré Tordre du gouvernement. Madame Elisabeth écouta le récit. « Eh bien, » dit-elle ensuite au municipal maltraité, le peuple » saura que ceux qui prétendent le rendre libre ne » veulent de liberté, ni pour sa conscience, ni pour » ses prières. » Personne n'osa lui répondre.

Cette journée où les scènes de Saint-Eustache s'étaient renouvelées dans presque toutes les églises avait été une trêve pour le malheureux Roi, dont le procès avait été suspendu. Seul avec lui-même, il écrivit alors l'admirable testament que nous connaissons tous. Nous croyons devoir reproduire ici les passages qui se rapportèrent à sa famille et principalement à sa sœur.

« Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, » mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont » attachés par les liens du sang, ou par quelque autre » manière que ce puisse être. Je prie Dieu particuliè- » rement de jeter des yeux de miséricorde sur ma » femme, mes enfants et ma sœur, qui souffrent depuis » longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce » s'ils viennent à me perdre, et tant qu'ils resteront » dans ce monde périssable.

» Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa » tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de » mère s'ils avaient le malheur de perdre la leur.

» Je recommande bien vivement à mes enfants,

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