‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 213 sur 284 · MALADIE DE MADAME ROYALE · texte numérisé non relu

MALADIE DE MADAME ROYALE

vaises. Madame Royale était malade, et la Reine inquiète et désireuse d'obtenir pour elle une visite de Brunyer, médecin des Enfants de France. Le pauvre père dut néanmoins dissimuler son inquiétude à ses surveillants toute la semaine suivante. Au jour de l'arrivée de ses défenseurs il pensa cependant se trahir et par sa tristesse, et par l'émotion avec laquelle il ramenait l'entretien vers sa famille. Ah ! disait-il à « Malesherbes (1), que de consolations la Providence » m'a ménagées au milieu de mes tribulations ! Ma vie a » dû un grand charme à mes enfants, à la Heine et à » ma sœur.... Je ne vous parlerai pas de mes en- » fants ! déjà si malheureux î à leur âge ! et il s'arrêta » suffoqué par l'émotion. « Et ma sœur ! reprit-il d'une voix plus ferme, et comme s'il eût ressenti quelque orgueil d'avoir inspiré une affection si vive à un si noble cœur. « Ma sœur, dont la vie n'a été » qu'affection, dévouement et courage. L'Espagne et » le Piémont avaient paru désirer son alliance. A la » mort de Christine de Saxe, les chanoinesses de Re- » miremont lui offrirent de l'élire abbesse ! Rien n'a » pu la séparer de moi. Elle s'est attachée à mes » malheurs, comme d'autres s'étaient attachés à mes » prospérités. »

La pensée de Madame Elisabeth était moins amère au Roi, que celle qu'il ne cessait de consacrer à la Reine. « L'injustice des Français à son égard, disait-il, a est un cruel sujet de peine pour mon cœur ! » Il expliqua longuement à Malesherbes la conduite de cette Princesse qui, ennemie de l'étiquette, avait été

(1) Journal de Malesherbes.

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