DERNIÈRE CONSOLATION DE LOUIS XVI
si sévèrement jugée. « Ses manières, ajouta-t-il, noa- » velles à la cour, se rapprochaient trop de mon goût » naturel pour que je voulusse les contrarier... d'abord » le public applaudissait à l'abandon des anciens » usages. Ensuite il en a fait un crime!... Les fac- » tieux, dit-il en terminant, ne mettent cet acharne- » ment à décrier et à noircir la Reine, que pour pré- » parer le peuple à la voir périr ! Oui, mes amis, sa » mort est résolue. En lui laissant la vie, on craih- » drait qu'elle ne me vengeât ! Infortunée princesse ! » Notre mariage lui promit un trône ! Aujourd'hui » quelle perspective lui oflre-t-il ! »
La voix de Louis XVI se perdit dans une émotion qui avait gagné ses trois défenseurs. Après un douloureux silence, il leur confia à voix basse l'inquiétude que lui causait l'état de sa fille, et ils lui promirent de se plaindre au conseil de la Commune d'un silence qui devenait une torture. Mais, les ayant quittés au moment où sonnait huit heures, il revint avec un visage tranquille et presque heureux. « Messieurs, » leur dit-il, j'ai réfléchi à la démarche que vous » voulez faire. Je vous prie de la remettre à demain, » et môme de ne point la tenter avant de m'avoir » revu. » A leur arrivée le lendemain, il leur apprit que « sa fille était mieux. Que Brunyer devait venir » la voir et que la Reine était tranquille. » C'était le bienfaisant billet de Madame Elisabeth qui, la veille, avait ainsi rassuré le malheureux Roi. Il lui devait une dernière impression de sérénité. Ce fut ce soir-là qu'il dit en souriant à Malesherbes qui prenait congé de lui. « Prenez garde de rencontrer la Dame blanche » en sortant d'ici ! » Voyant son défenseur surpris