SECRÈTES COMMUNICATIONS DES CAPTIVES
vice qui prêtèrent l'oreille à cette musique, à laquelle ils n'étaient guère accoutumés, t Vous devriez bien • enseigner à vos enfants quelque chose de mieux » que ces fadeurs, » dit grossièrement un de ces hommes à la Reine, t Une de nos hymnes patriotiques, » par exemple, » et, engageant la pauvre musicienne à l'imiter, il entonna la Marseillaise de sa. voix enrouée par l'eau-de-vie :
« Ils viennent jusques dans nos bras « Égorger nos fils, nos compagnes ! »
Un frisson d'horreur succéda à l'impression bienfaisante produite par la douce poésie de Lepitre, et l'on se hâta de fermer le piano et d'enlever les cahiers.
Hors du Temple, des serviteurs et des amis dévoués à la famille royale avaient établi un service d'informations presque journalier et qui fonctionnait avec une régularité qui paraît incroyable, lorsque l'on pense aux dangers qui l'accompagnaient. Le fidèle Hue en était le directeur principal. Au Temple, Turgy l'avait organisé presque sous les yeux des commissaires et des espions. Les ouvertures d'un poêle où l'on avait pratiqué des bouches de chaleur, des paniers destinés à recevoir des balayures, lui servaient à cacher des billets d'avis ou des annonces de journaux. De leur côté, les princesses plaçaient aux mêmes endroits leurs billets écrits avec du jus de citron ou avec un extrait de noix de galle. Des signes convenus indiquaient respectivement le lieu du dépôt. Sorti de la tour, Turgy