MADEMOISELLE PIOU AU TEMPLE
» prêtre, qui nous attendait, commençait la messe » qu'il terminait avant le jour. Après une courte » action de grâce, il nous adressait des paroles bien » précieuses. Nous descendions ensuite séparément. » Quand les rues commençaient à s'animer, la chambre » se trouvait rangée et l'ouvrière était à sa croisée, » les pieds sur sa chaufferette, travaillant en attendant » les visites de commande. » (1)
La pensée de s'approcher de la tour, l'espoir d'être aperçus par la famille royale, celui même de pénétrer dans la prison, absorbaient les amis fidèles des infortunées captives. Mme de Tourzel ne put y réussir ; mais une couturière, MHi Piou, autrefois chargée des atours do Madame Koyale, trouva moyen d'entrer au Temple sous prétexte de faire quelques changements aux robes de deuil des princesses. Pendant deux jours, cotte courageuse fille vint travailler dans la chambre de Madame Elisabeth, t Je ne puis dire, a-t-elle ra- » conté, tout ce que j'éprouvai en voyant machétive » personne faire briller sur le visage de cette auguste
• famille un rayon de consolation. Leurs regards en
* disaient plus que n'en auraient pu faire leurs pa- » rôles, et Monseigneur le Dauphin, dont l'âge excu- » sait les espiègleries, en profitait pour me faire, sous » l'apparence d'un jeu, toutes les questions que pou- » vait désirer la famille royale. 11 courait tantôt à » moi, tantôt à la Reine, aux deux Princesses et » même au municipal. Chaque fois qu'il s'approchait » de moi, il ne manquait pas de faire une question » sur les personnes qui intéressaient la famille royale.
(1) Souvenirs inédits.