‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 232 sur 284 · PROJET D'ÉVASION DE LA FAMILLE ROYALE · texte numérisé non relu

PROJET D'ÉVASION DE LA FAMILLE ROYALE

une vive rumeur anima les abords du Temple, oubliés de la multitude depuis quelques semaines. Des cris tumultueux annonçaient un grand mouvement dans Paris : les nouvellistes publiaient que nos armées avait dû évacuer Aix-la-Chapelle, et lever le siège de Maëstricht. La famille royale craignit un moment que le projet de Toulan, découvert, ne fût la cause de ces rumeurs. Il n'en était rien, mais ces événements augmentèrent l'effroi public et rendirent la surveillance plus rigoureuse. Le projet ne put être exécuté le 8 mars. Le 12 amena la dénonciation de la conduite du général Dumouriez à la Convention. Le 13 apporta la nouvelle du soulèvement de la Vendée, et de l'organisation de son héroïque armée. En présence de ces événements, les conjurés concentrèrent leurs projets de délivrance sur la Reine et sur Madame Elisabeth. Cette dernière refusa absolument de quitter les enfants, et insista vivement auprès de la Reine pour qu'elle profitât des moyens d'évasion ; elle réussit un moment à la persuader et tout fut préparé. Quelques notes (1) racontent, avec une douloureuse éloquence, comment la Reine abandonna le plan de ses sauveurs. La veille du jour de la fuite, Marie-Antoinette et Madame Elisabeth étaient assises au chevet du lit du Dauphin endormi. Sa sœur était couchée aussi, mais la porte de sa chambre était ouverte, et la jeune fille, occupée de l'air rêveur et triste qu'elle avait vu à sa mère toute la journée, ne pouvait dormir ; elle écoutait avec une vive anxiété. « Dieu veuille que

(1) Inédites, citées par Beauchesne qui n'eu donne pas l'origine.

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