‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 235 sur 284 · PERQUISITIONS CHEZ MADAME ÉLISABETI · texte numérisé non relu

PERQUISITIONS CHEZ MADAME ÉLISABETI

» cria t-il ; ah ça ! où sommes-nous ? Oubliez-vous que » c'est le peuple seul qui a le droit de pardonner ! »

Le 19 avril, une dénonciation faite au conseil général de la Commune ouvrit une nouvelle série de supplices pour les captifs du Temple. Le rapport atteste que la veuve et la sœur du dernier tyran ont gagné quelques officiers municipaux ; qu'elles sont instruites par eux de tous les événements ; qu'elles en reçoivent les papiers publics, et que, par leur moyen, elles entretiennent des correspondances. Signée des époux Tison, cette pièce a pour résultat d'amener le 20 avril au Temple le substitut du procureur syndic Hébert, qui se présente chez la Reine, à dix heures du soir, accompagné de trois commissaires. Ils fouillent partout, obligent le Dauphin malade à quitter son lit, et emportent de sa chambre comme trophées un petit Iivredeprières,avecuneimageduSacré-Cœur,etdechez Madame Elisabeth, un bâton de cire à cacheter rouge et un peu de poudre de buis. Trois jours après une nouvelle visite a lieu. Cette fois, on trouve un chapeau d'homme enfermé dans une cassette placée sous le lit de Madame Elisabeth. «D'où vient ce chapeau?» — «C'est » un chapeau qui a appartenu à mon frère, » répond la princesse. — « Qui vous Ta donné? » — * Lui- » même, quand nous habitions ensemble la petite » tour. » — « Pourquoi est-il là et à quoi peut vous » servir le chapeau de votre frère? » — « Je le garde » pour conserver quelque chose de lui. » — « Nous, » nous allons le conserver dans la salle du conseil, » comme un témoignage de vos relations avec le » dehors du Temple, car Capet n'avait qu'un chapeau » et il l'a laissé sur les marches de la guillotine. »

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