‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 236 sur 284 · CONSPIRATION DE BATZ · texte numérisé non relu

CONSPIRATION DE BATZ

— « Je vous assure, Messieurs, que ce chapeau me » vient de mon frère ; c'est la seule chose que je pos- » sède de tout ce qui lui a appartenu. » — t Je vous » fais observer qu'il n'est guère d'usage de conserver » un chapeau comme un gage de tendresse. » — « Il » m'est très précieux, et je vous demande instamment j> de me le rendre. •

Inutile prière qui ne fît qu'irriter l'inquiète fureur des membres de la Commune contre les prisonnières, dont la captivité pesait alors cruellement sur le Dauphin malade, privé de cet air de printemps si nécessaire aux enfants et aux convalescents.

Le mois de mai finit par la crise du 31 , qui voua les Girondins à l'échafand, sur lequel leurs votes avaient conduit Louis XVI, et qui partagea le pouvoir entre Robespierre et Marat. Cette révolution nouvelle inspira une tentative désespérée aux amis de la Reine et de la famille royale, réduite à la dernière extrémité. Il ne s'agissait pas, cette fois, de fuir séparément, il fallait s'évader ou mourir, car le pouvoir girondin anéanti, la dernière ombre de salut, d'appel à la justice, était effacée. Ni la Reine, ni Madame Elisabeth ne furent consultées par les nouveaux conjurés, dont le projet, conçu avec intelligence et dirigé avec audace, offrait de grandes chances de succès.

L'inspirateur du suprême effort tenté pour sauver les prisonniers du Temple était un homme actif, ingénieux, souple, fécond en ressources et déjà connu

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