CONSPIRATION DE BATZ
de la famille royale par des marques de dévouement dont Louis XVI s'était montré reconnaissant (1). Pierre- Louis, baron de Batz, né en 1755, grand sénéchal du pays et duché d'Albret, avait été député de la noblesse de Nérac aux Etats généraux de 1789. Émigré, il était rentré en France au moment du procès de Louis XVI avec le dessein de le sauver. La Commune le redoutait vivement, sachant que sa tentative du 21 janvier avait été près de réussir, et avait mis sa tôle au prix, énorme à cette époque, de trois cent mille livres. Il était resté néanmoins caché dans Paris, où il demeurait chez un épicier nommé Cortey, commandant de la garde nationale de la section Lepelletier,citoyen dévoué en apparence aux institutions républicaines, et jouissant près de la Commune de Ja réputation de patriote exalté. Un jour, Cortey avait emmené Batz au Temple, et tous deux avaient pris connaissance des lieux, examiné les issues et combiné le plan d'évasion, aidés du municipal Michonis. Toutes les mesures étaient prises, quand, le soir même de l'évasion, le municipal Simon reçoit d'un gendarme, qui venait de le trouver surle pavé, un billet cacheté, sans adresse et contenant ces mots : « Michonis vous trahira cette nuit, veillez. » Simon court au conseil, communique le papier et revient au Temple, avec un ordre qui suspend Michonis de ses fonctions et le somme de se présenter à la Commune. 11 entre dans la pièce où les conjurés rassemblés n'attendaient que
(1) Note de Louis XVI. Papiers saisis aux Tuileries dans l'armoire de fer. Voyez aussi l'intéressante notice sur la famille de Batz. Figaro, \ \ mai 1885).