SIMON DÉNONCE LES CONJURÉS
l'heure pour donner le signal, et commande l'appel. Batz comprend qu'il est perdu, recule devant l'idée de tuer ce misérable et disparaît au milieu d'une patrouille que l'adroit Cortey expédie dans la rue, sous prétexte d'un tumulte à réprimer (1). Michonis parvient à se disculper. Cortey n'est pas même soupçonné. Une perquisition chez les Princesses ne prouve rien et la délation de Simon, ne se trouvant pas justifiée, attire quelques reproches à ce misérable, dont la fureur s'exaspère par la rage d'avoir perdu une occasion de voir récompenser son zèle.
Ce fut chez Robespierre qu'il se rendit après la dispersion des conjurés. Il lui représenta le Temple comme un foyer d'intrigues et de discordes à la merci de municipaux séduits ou divisés. Robespierre mit à ces dénonciations l'importance d'un indice précurseur de l'enlèvement du Dauphin et d'une régence de la Reine. Un complot fut bâti par son ambition sanglante sur les récits de Simon. Robespierre, recueillant d'autres renseignements, montra dans son rapport les partis relevant leurs espérances sous le drapeau de la royauté prisonnière. « Déjà, suivant lui, lesémi- » grés, rentrés furtivement, préparaient dans le pays » leur prochaines trahisons ; déjà le nom du criminel » Dillon courait de bouche en bouche comme celui » de leur chef. Les mouvements de Montpellier, de
(1) Batz fut encore compromis daos d'autres complots royalistes dont il réussit toujours à se tirer. 11 mourut dans sa terre dis Cbadieu, près de Clermont, en Auvergne, le 1er janvier 1822, avec la réputation d'un homme intelligent, mais doot l'activité ne s'est point élevée au-dessus d'intrigues subalternes. (Voyez sur lui la note des Mémoires de Tilly, 111, p. 63;.