MAISON DE MADAME DE MACKAU
En prenant possession de Montreuil, la princesse s'offrit une autre jouissance. Auprès de la ferme s'élevait, donnant sur une rue étroite appelée rue Champ-ia- Garde, une petite maison de dépendances où pouvait demeurer une famille pendant Tété. Madame Elisabeth la donna à la baronne de Mackau. Une porte de cette maison s'ouvrait sur le jardin de la princesse, qui eut ainsi la liberté de venir voir son institutrice sans sortir de son domaine.
Ce ne fut pas son seul voisinage amical : Mmo de Mackau recevait souvent sous son toit ses filles et leurs familles. Enfin, l'ancien médecin des Enfants de France, LeMonnier, acquit tout auprès un pavillon et un jardin dont M016 de Marsan avait voulu se défaire à la suite de la ruine de ses parents. Le Monnier, fatigué par ses travaux, s'établit avec sa femme dans cette retraite, qu'il se plut à embellir, et à laquelle le voisinage de la sœur du roi donnait un nouvel attrait. Madame Elisabeth rendait souvent visite à ce vieillard, dont elle estimait la science et respectait la vertu. Un échange de petits services , de distractions même, s'établit promptement entre les voisins. Le Monnier associait Madame Elisabeth à ses recherches de botanique dans son jardin, à ses expériences de physique dans son cabinet. Dès que la robe blanche de sa jeune voisine apparaissait à l'entrée de l'allée qui menait au perron de sa maison, le vieillard abandonnait ses livres et ses plumes, pour promener la princesse dans les sentiers de son petit parc, dans les carrés de son jardin, ayant toujours à lui montrer quelque plante nouvelle , quelque fleur étrangère. S'il pleuvait, il lui ouvrait sa bibliothèque, ses herbiers, ses cartons de dessins, ses