‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 240 sur 284 · PROJETS CRIMINELS DE ROBESPIERRE ET DE MARAT · texte numérisé non relu

PROJETS CRIMINELS DE ROBESPIERRE ET DE MARAT

Madame Elisabeth et avait imploré son pardon. Parlant de la Reine à des employés de la prison, elle s'était exprimée aînsi : « Si vous pouviez comme moi la » contempler d'aussi près, vous diriez qu'il n'y a rien » d'aussi grand sur la terre... Qui Ta vue comme » vous aux Tuileries, n'a rien vu ; il faut l'avoir » servie comme moi au Temple ! »

Des cris de détresse et des attaques de nerfs se joignaient à cette exaltation. Cette femme avait aussi d'étranges visions : elle parlait de la mort du Dauphin comme d'un fait accompli, décrivait la guillotine, croyait la Reine et Madame Elisabeth mortes et traînées dans le sang (1).

La pitié des prisonnières acheva de leur gagner ce qui restait de raisonnable dans la tête de cette pauvre créature. Elle fut conduite à FHôtel-Dieu au moment où paraissait le décret qui séparait le Dauphin de sa mère et le confiait à Simon. Sanctionné par la Convention, il fut mis à exécution le 3 juillet au soir. Rien n'avait préparé la Reine à cette affreuse séparation, dont le récit de Madame Royale retrace les horribles détails. Le Dauphin , soufFrant depuis quelques semaines, était couché et dormait. Son lit n'avait pas de rideaux ; un châle, tendu parles soins de sa mère, l'abritait contre la lumière. La veillée devait se prolonger tard, les prisonnières s'étant imposé la tâche de réparer les vêtements usés de la famille ; Madame Royale, assise entre sa mère et sa tante, leur servait de lectrice. Après quelques articles du dictionnaire historique de Voltaire, ouvrage accordé aux princesses

(1) Journal des événements arrivés au Temple.

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