CIIABOT ET DROUET AU TEMPLE
comba. La vue de cette pauvre petite veste usée, encore empreinte du contact de l'absent, eflaça un moment l'impression des paroles de la sainte Princesse. Les deux mères tombèrent dans les bras l'une de l'autre ; puis, s'affaissant sur ce linge, sur ces bas épars, elles couvrirent ces objets de leurs larmes, do leurs étreintes désespérées.
Quatre jours s'écoulèrent sans qu'une voix charitable vînt leur donner de nouvelles de l'enfant malade qui leur avait été enlevé. Pendant ce temps s'accomplit l'arrestation du général Arthur Diilon, accusé d'avoir ourdi un complot dans le but d'enlever Louis XVII de sa prison. Malgré cette mesure, le peuple persistait à croire au succès du général, et le bruit de la translation du petit Roi à Saint-Cloud prenait de la consistance. Pour démentir officiellement cette rumeur, une députation du comité de sûreté générale, dont Drouet et Chabot faisaient partie, fu t dépêchée au Temple afin d'y constater la présence du fils de Louis XVI. Bien que l'enfant fut malade, ils ordonnèrent à Simon de le faim descendre dans le jardin, pour être montré à toute la garde municipale. Ensuite les deux députés eurent un entretien particulier avec Simon dans la chambre du conseil, et montèrent chez les prisonnières. « Nous » sommes venus voir, dit Drouet, s'il ne vous manque » rien ou si vous n'avez rien de trop. — Il me manque » mon fils, dit la Reine, il est vraiment trop cruel de » m'en séparer si longtemps. » — « Votre fils ne manque » pas de soins; on lui a donné un précepteur pa- » triote, et vous n'avez pas plus à vous plaindre de » la manière dont on le traite que de celle dont vous » êtes traitée vous-même. » — « Je ne me plains que