INTERROGATOIRE DU DAUPHIN
» s'occupera sans délai et sans interruption du juge- » ment de la veuve Gapet. »
Mats les éléments du procès n'existaient pas et Fouquier-Tinville lui-même, ilont la conscience d'accusateur public n'était ni difficile ni scrupuleuse, répondait en ces termes au décret de la Convention :
« Jusqu'à ce jour, il ne m'a été transmis
» aucune pièce relative à Marie-Antoinette, de sorte » que, quelque désir que le tribunal ait d'exécuter les » décrets de la Convention, il se trouve dans l'impos- » sibilité d'exécuter ce décret, tant qu'il n'aura pas » ces pièces. »
Trois jours plus tard, les membres du comité de salut public étaient encore à la recherche des pièces qui pouvaient établir la culpabilité de la Reine. Tout manquait; on voulait pourtant en finir. Ce fnt au Temple que l'on en trouva. Hébert s'entendit avec le municipal Daujon pourdisposer Simon à les procurer: » Simon n'a-t-il point dans son élève un témoin des » trahisons que Ton cherche pour pouvoir condamner » la Reine ! A huit ans, on peut savoir et écouter tant » de choses ! La Reine, il est vrai, est sa mère ; mais » qu'importe ? Bru tus ne vit-il pas tomber les têtes de » ses fils pour le salut de la République ! Capet dénon- » cera l'Autrichienne ; il en dira bien d'autres, s'il le » faut. Kt il le faut t »
Ce ne fut pas long. Le 4 octobre, Simon prévient Chaumette, procureur général de la Commune, « que le » petit Capet se trouve en mesure de répondre à toutes » les questions qu'on aurait à lui faire dans l'intérêt de » la justice. »* Le 6, le citoyen Pache, maire de Paris, et le procureur général Chaumette arrivent à la tour avec