LE DAUPHIN ET MADAME ELISABETH
une contestation entre eux. Mais rien ne se rapportait dans les prétendues révélations de Louis XVII ; les accusateurs en avaient assez. Ils sortaient vaincus de ces horribles interrogatoires, et plus cruels, plus irrités que lorsqu'ils étaient arrivés. L'enfant, d'ailleurs, faiblissait et pâlissait. La Princesse le contemplait avec une attention désolée, dont Simon et ses compagnons comprenaient les motifs. Ses regards, empreints d'une tendresse toute maternelle, devinaieutàquel prix on avaitarrachê une signature au petit Prince. Ils la voyaient prête à s'écrier : « Qu'avez-vous fait de mon enfant? Pourquoi ce » regardéteint!cesjouescreuséesetflétries,cesépaules » courbées, ces marques noires et violettes sur ces » mains meurtries, sur ce front humilié! » Enfin, la nuit commençait à envelopper la Tour et avec elle pénétrait cette froide humidité des prisons, si pénible à ceux qui la subissent sans en avoir l'habitude. Les membres du comité de sûreté générale s'arrêtèrent, et donnèrent ordre à l'administrateur de police de verbaliser. Ils boutonnèrent leurs habits et s'assirent devant la table du conseil. Madame Elisabeth signa (1), le pauvre petit Roi griffonna son nom de douleur, David, Pache, Chaumette, Daujon, Séguy, Laurent et Heussée écrivirent ensuite. Vers cinq heures, la porte de la salle s'ouvrit pour les laisser sortir, tandis que Simon rentrait sa victime, et que l'on entendait Madame Elisabeth et ses gardiens gravir les quatre-vingt-deux marches de pierre qui séparaient l'appartement du Dauphin de celui des Princesses.
(ij Eckard.