LETTRE DE LA REINE A MADAME ÉLISABETD
» cente, j'espère montrer la même fermeté que lui » dans ses derniers moments.
* Je suis calme, comme on l'est quand la conscience » ne reproche rien. J'ai un profond regret d'aban- » donner mes pauvres enfants ; vous savez que je » n'existais que pour eux. Et vous, ma bonne et » tendre sœur, vous qui avez, par votre amitié, tout » sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je >» vous laisse !
• J'ai appris, parle plaidoyer même du procès, que » ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre » enfant, je n'ose pas lui écrire; elle ne recevrait pas >» ma lettre ; je ne sais même pas si celle-ci vous par- » viendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. » J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, » ils pourront se réunir avec vous et jouir en entier » de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce » que je n'ai cessé de leur inspirer : que les principes » et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première » base de la vie, que leur amitié et leur confiance » mutuelle en fera le bonheur.
» Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit » toujours aider son frère par les conseils que l'expé- » rience qu'elle aura de plus que lui et son amitié » pourrontlui inspirer. Que mon fils, à son tour, rende » à sa sœur tous les services que l'amitié peut ins- » pirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quel- » que position où ils pourront se trouver, ils ne » seront vraiment heureux que par leur union. » Qu'ils prennent exemple de nous. Combien, dans » nos malheurs, notre amitié nous a donné de conso- » lations I et dans le bonheur, on jouit doublement