‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 263 sur 284 · LETTRE DE LA REINE A MADAME ÉLISABETH · texte numérisé non relu

LETTRE DE LA REINE A MADAME ÉLISABETH

» quand on peut le partager avec un ami, et où en » trouver de plus tendre et de plus cher que dans sa » propre famille !

» Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de » son père, que je lui répète expressément : qu'il ne •> cherche jamais à venger notre mort.

» J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à »> mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous » avoir fait de la peine. Pardonnez-lui, ma chère » sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est fa- » cile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même » ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, » où il ne sentira que mieux le prix de vos bontés et » de votre tendresse pour tous deux.

» Il me reste encore 5 vous confier mes dernières x> pensées. J'aurais voulu les écrire dès le commence- » ment du procès, mais, outre qu'on ne me laissait » pas écrire, la marche en a été si rapide que je » n'aurais réellement pas eu le temps.

» Je meurs dans la religion catholique, apostolique » et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où » j'ai été élevée et que j'ai toujours professée ; n'ayant » aucune consolation spirituelle à attendre, ne sa- » chant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette » religion, et même le lieu où je suis les exposerait » trop s'ils y entraient une fois, je demande sincère- » ment pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu » commettre depuis que j'existe. J'espère que, dans » sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers » vœux, ainsi que ceux que je formais depuis long- » temps, pour qu'il veuille bien recevoir mon âme » dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon

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