‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 27 sur 284 · MON T RE L' IL · texte numérisé non relu

MON T RE L' IL

pour être racontée plus longuement , trop heureuse dans son innocente puérilité pour appeler davantage l'attention, elle a néanmoins trouvé son écho dans les souvenirs du dernier siècle et sa place dans la mémoire de nos aïeux. Une romance, devenue populaire» s'est attachée au nom de Montreuil, en rappelant un bienfait de Madame Elisabeth.

A la suite d'un cruel hiver et d'un été pluvieux, les habitants de Montreuil étaient tombés dans une profonde détresse. Ces villageois, dont les ressources consistaient dans la culture des légumes et des fraises, recevaient aussi sous leur toit beaucoup d'enfants de la bourgeoisie de Paris, dont la nourriture, assez bien payée, leur assurait une petite aisance. Mais il arriva que les légumes, dévorés par les vers des hannetons, manquèrent totalement ; la misère entra dans les chaumières, beaucoup de nourrissons succombèrent ; ceux que soutenait la laiterie de Montreuil résistèrent seuls aux effets de cette cruelle saison. Madame Elisabeth tint conseil avec ses voisins pour aviser aux moyens de remédier au désastre. Elle commença par assurer une récompense aux gens qui s'engageaient à détruire les hannetons, cause première de la perte des récoltes ; puis, frappée des services que sa laiterie avait rendus aux familles indigentes, elle se décida à donner à l'exploitation de sa ferme des bases plus étendues. Les exemples ne lui manquaient pas à cette époque, où tant de grands seigneurs se plaisaient à favoriser l'agriculture et à perfectionner l'élevage des bestiaux dans leurs terres. Douée d'un esprit positif, Madame Elisabeth se rendit facilement compte des ressources que lui offriraient des laiteries bien

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