‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 272 sur 284 · LE TEMPLE. — PRINTEMPS DE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE. — PRINTEMPS DE

Ces paroles avaient été dites autrefois devant le cercueil de Louis XIV ! Mais ne semblent-elles pas miiie fois plus sublimes répétées, dans cette prison, par cette martyre à la veille de marcher au supplice, car telle était la conviction de Madame Elisabeth. Le peu de relations qu'elle avait encore avec ses gardiens lui révélait le sort qui l'attendait. Les privations augmentaient. Us lui refusaient jusqu'à un onguent nécessaire à une plaie qu'elle avait au bras, en lui faisant comprendre que ses jours étaient comptés. Us retiraient de sa chambre le peu de meubles superflus qui s'y trouvaient. « Au commencement du printemps, » dit Madame Royale, on nous ôta la chandelle, et •> nous nous couchions lorsqu'on n'y voyait plus. »

Le printemps, mot étrange, jeté sur cette sombre misère ! Il était venu cependant le printemps de 1794, et le mois appelé floréal par Je calendrier républicain avait des rayons même pour le Temple, des végétations, môme pour ses murailles désolées ! Quand la soirée s'avançant obligeait les captives à suspendre toute occupation, c'était pour Madame Elisabeth une jouissance que de respirer le souffle d'air adouci qui lui arrivait par la croisée grillée. Quelques chants d'oiseaux nichés dans la mousse noirâtre des fissures des pierres, lui jetaient alors leurs notes joyeuses. Une hirondelle, « fille de Roi comme elle », lui eût dit quelque poète de son temps, passait et repassait devant les barreaux et se heurtait

M. le chevalier de M. . . (Brochure in-8° de 109 pages, publiée à Londres, J. de Boffe, Gerard-Street, Soho, 1796. Avec l'éloge de Ferrand, qui parut en mars 4795, c'est un des premiers écrits qui aient paru sur Madame Elisabeth.

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