‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 273 sur 284 · PRÉLIMINAIRES DU PROCÈS DE MADAME ÉLISABETH · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES DU PROCÈS DE MADAME ÉLISABETH

aux carreaux verdis par l'humidité. Douce vision trop vite évanouie, car la nuit devenant plus obscure, les C'ptives n'entendaient plus que le bruit des sabres tr ifnant dans l'escalier, pendant que les cachots se fumaient aux autres étages de la tour.

Quelques historiens ont affirmé à tort, que le meurtre de la sœur de Louis XVI, avait été un crime commis presque à l'insu de la Convention. D'autres l'ont considéré comme un événement inaperçu, qui se perdit dans la confusion sanglante de cette époque barbare. Ils se sont également trompés. Jamais forfait plus révoltant ne fut aussi longtemps prémédité par les hommes qui opprimaient la France. Jamais crime ne fut entouré de circonstances plus connues et plus écrasantes pour ses auteurs. La recherche seule des préliminaires du procès de Madame Elisabeth remplirait un volume entier, et formerait un recueil d'observations curieuses sur les variations révolutionnaires de la période comprise entre le 40 août 1792 et le commencement de mai 1794. Un fait étrange d'abord, facile à expliquer pour peu que l'on y réfléchisse, ressort de cette enquête ; c'est le rôle de Robespierre qui, longtemps défenseur de Madame Elisabeth, devient enfin son boureau. Sombre épisode où se manifeste avec une éclatante vérité, d'une part l'asservissement de l'ambition au crime, de l'autre le triomphe de la vertu jusque dans la mort la plus cruelle.

Page 1