‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 274 sur 284 · PRÉLIMINAIRES DU PROCÈS DE MADAME ÉLISABETH · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES DU PROCÈS DE MADAME ÉLISABETH

Dès 1792, Hébert, à la tête de la faction du Père Duchêne, commence à calomnier Madame Elisabeth. Alors se répandent contre elle les écrits perfides, les mensonges infamants déjà imprimés contre la Reine. Un peu plus tard, les journaux, les livres, les pièces de théâtre, offrent en pâture, à la curiosité du public parisien , des anecdotes, des articles, des estampes, des brochures perverses contre la pieuse et chaste sœur de Louis XVI. Beaucoup de ces ouvrages existaient encore il y a peu d'années, ensevelis sous la poussière des bibliothèques délaissées. Après la mise en accusation de la Reine, Hébert essaye de confondre Madame Êlisabeth dans la dénonciation du Dauphin, préparant ainsi un procès par l'autre. Le 7 brumaire suivant (28 octobre 1793), ce même Hébert demande, en pressant le jugement des Girondins, que Ton traduise aussi Madame Elisabeth au tribunal. « On jugea Capet et sa femme, s'écrie-t-il, » et leurs nombreux complices restent impunis. J'ai » vu sur la sœur de Capet des traits qui peignent sans » réplique cette femme atroce ; c'est elle qui accom- » pagna son frère à la revue des assassins du peuple, » dans sa fuite et dans toutes ses démarches contre- » révolutionnaires ; qui lui en souffla un grand nom. » bre ; on sait qu'elle se défit de ses diamants pour » les envoyer à l'homme qui avait provoqué sur nous » le fer et le feu ; il est mille traits d'elle qui devraient » déjà l'avoir conduite à l'échafaud ; on n'en parle » pas non plus, et sans doute on veut ainsi la sous- » traire à la justice, à la vengeance du peuple. » (1)

(1> Moniteur du 10 brumaire an ÎT, p. 162.

466 im:tition adressée a la convention.

Madame Elisabeth eut alors, qui le croirait, un défenseur, et quel défenseur I Robespierre lui-même, jaloux d'Hébert et qui cherchait à écraser la Commune. Plus intelligent et plus ambitieux que ses collègues, il comptait avec l'opinion publique. Le procès de la Heine avait soulevé une vive indignation, et malgré l'oppression et la terreur, il voyait le régime républicain perdre des partisans. Dans sa séance du 1er frimaire (21 novembre 1793), aux Jacobins, Robespierre amena le rejet d'une proposition d'Hébert tendant à « faire juger la race de Capet. » Mais, quelques jours après, le quintidi frimaire de Tan II (25 novembre 1793), la demande de la Commune se représenta sous une autre forme :

« Législateurs, disait une adresse signée de tous » les membres de la Commune, vous avez décrété » l'égalité, source du bonheur public ; elle s'éla- » blit sur des bases désormais inébranlables ; et ce- » pendant elle est violée, cette égalité, et de la » manière la plus révoltante, dans les vils restes de » la tyrannie, dans les prisonniers du Temple. Pour- » raient-ils encore, ces restes abominables, être » comptés pour quelque chose dans les circonstances » actuelles, ce ne serait qu'en raison de l'intérêt que » la patrie aurait d'empêcher qu'ils ne déchirassent » son sein et ne renouvelassent les atrocités commises » par les deux monstres qui leur ont donné le jour. » Si donc tel est à leur égard le seul et unique in- » térêt de la République, c'est sous sa surveillance » entière qu'ils doivent être placés, et ils ne sont plus » ces temps horribles où une faction liberticide, dont » le glaive de la loi a fait justice, avait choisi comme

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