PÉTITION ADRESSÉE A LA CONVENTION
» moyen de vengeance contre une Commune patriote » qu'elle abhorrait, une responsabilité qui outrageait » toutes les lois et qui pèse depuis plus de quinze » mois sur la tête de chacun des membres de la » Commune de Paris.
» La raison, la justice, l'égalité vous crient, légis- » lateurs, de faire cesser cette responsabilité.
» Et comme il est plus que temps de rendre à leurs » travaux deux cent cinquante sans culottes qu'on » emploie injustement chaque jour à la garde des » prisonniers du Temple, la Commune de Paris at- » tend de votre sagesse :
» lo Que vous enverrez au plus tôt l'infâme Elisa- » beth au tribunal révolutionnaire ;
» 2° Qu'à l'égard de la postérité du tyran, vous pren- » drez des mesures promples pour la faire transférer » dans telle prison que vous aurez choisie, pour y » être renfermée avec les précautions convenables, à » l'effet d'y être traitée dans le système de l'égalité » et de la même manière que les autres détenus » dont la République a eu besoin de s'assurer.
» Dunouy ; Renard ; Le Clerc ; Legrand, tous » de la Commune ; Dorigny. » (1)
Cette fois encore la Convention n'adopta pas les conclusions de cette pétition de la Commune, et maintenant les détenus au Temple, elle retarda la mise en accusation de Madame Elisabeth. Hébert, impatient, s'entendit avec les époux Simon pour arracher au Dauphin, le *3 frimaire (3 décembre 1793), J'ab-
(1) Archives nationales, f. 7, carton 3,393, p. 95. M. de Beauchesne cite cette pièce, Vie de Madame Elisabeth, II, p. 195.
4<j8 manoeuvres criminelles d'hébert.
surde dénonciation que nous avons reproduite. De plus, il essaya d'obtenir de Tison des aveux contre Madame Elisabeth. Tison garda un silence stoïque. On le mit au secret, et dans l'espoir d'obtenir de lui à force de résistance quelque révélation, on ne renvoya pas au tribunal révolutionnaire, et il demeura enfermé dans le cachot où le découvrit Harmand de la Meuse, en 1795.
Après cette tentative , Hébert et Simon provoquèrent une dénonciation contre Mm* de Sérent et deux de ses domestiques, comme conspirant avec Madame Elisabeth. Tous trois furent conduits à la section du quartier où ils demeuraient. Les franches et courageuses réponses de Mme de Sérent, l'effet du nom toujours vénéré de la sœur de Louis XVI, désarmèrent les et juges, le peuple reconduisit la dame d'atou rs dans son hôtel avec des égards respectueux. Tant de défaites successives ne découragèrent pas Hébert. Le 40 décembre il acheta, d'un misérable appelé Pépin de Grouhette, une attestation informe, tendant à prouver que, de concert avec le Roi, Madame Elisabeth aurait envoyé ses diamants au comte d'Artois avant le 20 juin 1792. Hébert envoya cette pièce à la Convention pour être jointe à la pétition du 25 novembre. Cependant l'hiver s'écoula, et, soit par l'influence de Robes pierre, soit pour une autre cause, Madame Elisabeth demeura au Temple. La situation d'Hébert augmentait pourtant d'importance. Chef de la Commune, lui et Ronsin, adjudant général de l'armée révolutionnaire, étaient presque maîtres de Paris au commencement de 1794. Leur tyrannie offusquait Robespierre. C'était à la Commune de Paris qu'était dû le succès du