MANOEUVRES CRIMINELLES D'HÉBERT
31 mai ; elle seule pouvait balancer la puissance de Maximilien (!). Il résolut donc de la renverser et de la remplacer par une autre, composée de gens à sa dévotion. Après avoir laissé Hébert et sa bande se dépopulariser par les saturnales inventées par Chau mette, il les enveloppa dans une même accusation, celle de vouloir rétablir la tyrannie. Ils périrent au commencement de germinal. Le supplice de Danton et de Chaumette suivit celui d'Hébert. Robespierre atteignit ainsi le comble de sa puissance. Mais une rumeur dont l'origine n'a pas été pénétrée le força de donner un gage à la République : on répandit qu'il voulait sauver Madame Elisabeth, parce qu'il avait formé le projet d'épouser Madame Royale, fille du dernier roi de France, et d'ériger sa tyrannie en souveraineté (2). Collot-d'Herbois, qu'il avait blessé par ses hauteurs, fut, dit-on, un des propagateurs de ce bruit. Selon d'autres récits, Dumas, président du tribunal révolutionnaire, le mit en demeure de sacrifier la princesse pour| démentir l'ambition qu'on lui prêtait lâchement, et Robespierre abandonna la captive qu'il aurait pu sauver.
Ignorante de ces circonstances, Madame Elisabeth s'attendait cependant à mourir, comme nous l'avons dit. Il est probable que dans cette conviction, elle avait même dicté à sa nièce une courte réclamation en faveur du Dauphin qu'elle savait malade, et qu'elle devait remettre aux commissaires à leur prochaine
(1) Histoire du tribunal révolutionnaire de Paris, d'après les documents originaux conservés aux archives de l'Empire, par E. Campardon. Paris, librairie de Poulet- Malassis, 1862, 1. 1", p. 315.
(2) Id., p. 419.