MAIUME ÉLISABETH QUITTE LE TEMPLE
visite. La journée du 20 floréal (10 mai) , s'était écoulée lourde et orageuse. « Nous allions nous » mettre au lit, dit Madame Royale, quand on ou- ►> vrit les verroux et on vint frapper à notre porte. » Ma tante dit qu'elle allait passer sa robe. On lui » répondit que cela ne pouvait pas être si long et on »> frappa si fort qu'on pensa enfoncer la porte. — » Citovenne, veux-tu bien descendre ? — Et ma nièce ? m — On s'en occupera après. Ma tante m'embrassa, » et me dit de me calmer ; qu'elle allait remonter » — Non, citoyenne, tu ne remonteras pas, lui dit- » on ; prends ton bonnet, et descends. On l'accabla » alors d'injures et de grossièretés ; elle les souffrit » avec patience, prit son bonnet, m'embrassa encore, » et me dit d'avoir du courage et de la fermeté, d'es- » pérer toujours en Dieu, de me servir des bons » principes de religion que mes parents m'avaient » donnés, et de ne point manquer à leurs recomman- » dations. »
Dans son entretien avec Mme de Tourzel, la jeune princesse ajoute : « En m'embrassant pour la der- » nière fois et m'excitant au courage et à la résigna - » tion, elle me recommanda positivement de de- » mander que l'on mît une femme auprès de moi. » (le furent les derniers mots de Madame Elisabeth à sa nièce. Elle sortit, descendit rapidement l'escalier et fut conduite dans la salle du conseil. Là elle est fouillée pendant que Ton rédige le procès-verbal de décharge des geôliers, après avoir lu celui de la translation.
« Le 20 floréal an II, vers sept heures du soir, » l'huissier Monet s'est rendu au Temple accompagné »> des citoyens Fontaine, adjudant général d'artillerie