‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 278 sur 284 · TRAJET DU TEMPLE A LA CONCIERGERIE · texte numérisé non relu

TRAJET DU TEMPLE A LA CONCIERGERIE

» de l'armée parisienne, et Saraillée, aide de camp »> du général Hanriot ; i! présenta aux membres du » conseil Mouret, Eudes, Magendie et Godefroy, une » lettre de Fouquier, accusateur public près le tribu- » nal révolutionnaire, portant invitation de remettre » entre les mains desdits susnommés la sœur de » Louis XVI. »

La lecture faite, les envoyés de Fouquier-Tinville signent sur le registre du Temple la remise qui leur est faite de la prisonnière. Ils lui font traverser, sous une pluie battante, le jardin et la première cour ; là, ils montent en fiacre avec elle et donnent ordre au cocher d aller à la Conciergerie. Madame Elisabeth quitta ainsi cette prison où son cœur brisé laissait les deux enfants dont elle était la dernière protectrice.

Partie vers sept heures trois quarts, elle avait à traverser le quartier qui séparait le Temple de la Conciergerie. La grande ville terrorisée avait un aspect lugubre ; une pluie d'orage noyait les ruisseaux sur lesquels s'inclinaient les pentes des rues pavées et dépourvues de trottoirs. Quelques rares passants glissaient le long des maisons, et passaient rapidement sous les réverbères dont ils redoutaient la pâle clarté. La vue du fiacre, la direction que prenait le cocher, les figures qu'ils voyaient aux portières, annonçait assez que cette voiture conduisait une victime au tribunal révolutionnaire. Le visage pâle de la prisonnière, sa robe et sa coiffure blanche formait un étrange contraste avec la figure de bandit de l'aide-de-camp d'Hanriot, assis à côté d'elle. Dans ce quartier autrefois le plus vivant de Paris, les boutiques étaient closes et les habitations fermées. C'était aux abords de la Con-

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