LE CBAMP DU CHRIST
était profond. La rue du Rocher fut longue et pénible à gravir. Bordée des deux côtés de maisons entourées de jardins, elle était déserte, et les oiseaux cachés dans les arbres chargés de fleurs et de feuillage jetaient leurs notes joyeuses au lugubre cortège. On le vit s'arrêter un instant pour faire souffler les chevaux à l'endroit où finissait la montée. La rue quittait là son nom de rue du Rocher. Une sorte de route, appelée la rue des Errancis, se dessinait au milieu des champs et conduisait à la barrière de Monceaux. Le convoi suit cette route, au bord de laquelle s'élève une seule maison à gauche, et un amas de pierres qui naguère servaient de piédestal à Tune de ces croix qui se voyaient dans les cam pagnes, et que la révolution avait abattues. A cent pas de là, se dresse la barrière de Monceaux avec sa grille, ses deux corps de gardes, son pavillon de l'octroi touchant au mur d'enceinte qui fermait alors Paris. La charrette franchit la barrière, tourne à gauche et, derrière le pavillon de l'octroi, fait halte devant une porte charretière pratiquée dans le mur d'enceinte.
Nous ne franchirons pas cette porte qui s'ouvre devant la charrette et se referme aussitôt, tandis que les gendarmes se retirent, et que les curieux sont enjoints de se disperser avec les quelques personnes pieuses qui ont suivi le convoi en priant et en frémissant ! L'histoire n'est pas une enquête et doit laisser aux archives de la justice ceux des détails d'un crime qui feraient repousser avec horreur le livre qui oserait les reproduire. Nous dirons seulement que derrière cette porte était un enclos nommé, dans ce quartier désert, le Champ du Christ, parce qu'un grand