‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 29 sur 284 · PAUVRE JACQUES · texte numérisé non relu

PAUVRE JACQUES

• et bonne princesse à ses voisines : ses parents sont » avec lui, ses vaches sont superbes, que peut-il donc » lui manquer ? » et elle ajoutait, sachant que Mme de Mackau connaissait Mmc de Diesbach : « Tâchez, mon » cœur, de savoir ce qu'il regrette ; espérons que ce ne » sont pas ses montagnes ! Nous ne pourrions les lui » donner. »

La réponse ne tarda pas longtemps. Arrivant une après-midi chez Mme de Mackau, Madame Elisabeth trouve ses amies autour de la harpe. Mme de Travanet prélude et chante :

Pauvre Jacques, quand j'étais près de loi,

Je ne sentais pas ma misère ; Mais, à présent que tu vis loin de moi, Je manque de tout sur la terre.

Quand tu venais partager mes travaux,

Je trouvais ma tâche légère; T'en souvient-il ? Tous les jours étaient beaux!

Qui me rendra ce temps prospère !

Quand le soleil brille sur nos guérets

Je ne puis souffrir la lumière !

Et quand je suis à l'ombre des forêts,

J'accuse la nature entière !

La musicienne se tut. Le secret de Jacques était dévoilé. L'Amour avait pénétré dans Montreuil ! Mais toujours ingénieux dans ses ruses, il avait frappé comme un pauvre à la porte la plus humble, et comme un pauvre aussi il devait être accueilli avec bonté. Émue de la douleur de Jacques, Madame Elisabeth s'écria : « Ainsi, j'ai fait deux malheureux sans le » savoir ! Dites-moi vite le nom de celle qui pleure » là-bas, et qu'elle vienne bientôt ici : elle sera Ma- » dame Jacques et Montreuil aura une laitière ! »

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