‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 30 sur 284 · PREMIÈRES ÉPREUVES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES ÉPREUVES

Les explications abondèrent. La future laitière était la cousine de Jacques, une ronde et jolie paysanne des bords de la Sarine. Bientôt elle arriva à Paris. Conduite immédiatement à Versailles, elle fut présentée à celle qu'elle regardait déjà comme sa protectrice. La noce eut lieu à la ferme. Les fiancés reçurent la bénédiction nuptiale dans l'église Saint-Symphorien de Montreuil, ayant pour témoins deux anciens serviteurs de Madame Elisabeth et le maître d'hôtel de Mm* de Raigecourt. Installé dans un pavillon attenant à la laiterie, l'heureux couple ne forma plus d'autre rêve que celui de vieillir au service de sa maîtresse. Tel eût été son sort sans les événements de la Révolution. Le flot qui renversa Louis XVI, renvoya les pauvres bergers à leurs montagnes, où des voyageurs les rencontrèrent, bien des années après, toujours fidèles au souvenir de leur bienfaitrice.

Les bons moments furent courts dans la vie de Madame Elisabeth. Dès l'année 1785, sa correspondance prend une teinte de tristesse et d'inquiétude. Après le grand scandale de l'arrestation du cardinal de Rohan, compromis dans l'affaire du collier, la cour crut devoir se rendre à Fontainebleau et donner à son séjour un éclat inusité. Les fêtes, les chasses, les spectacles se succédèrent presque sans interruption. Madame Elisabeth, dont la santé était robuste, supportait ces fatigues sans peine, mais Mme de Raigecourt, qui l'accompagnait, tomba si gravement malade que

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