MORT DE MADAME DE CAUSANS
lorsqu'il fallut retourner à Versailles, elle dut rester à Fontainebleau. Pendant ce temps, sa mère, Mme de Causans, était atteinte à Paris d'une souffrance incurable, qui la mit en peu de semaines aux portes du tombeau. Partagée entre ses deux amies malades, Madame Elisabeth se dévoua à la plus âgée, et 1 'entoura des soins les plus tendres. Quand elle n'était pas à Paris, près de son lit, elle lui écrivait. Elle s'adressait aux deux dernières filles de la pauvre infirme : « Si » vous ne craignez pas d'attendrir votre mère, leur » écrit-elle le 8 décembre, dites-lui combien je par- » tage ses douleurs ; dites-lui que je voudrais les » prendre toutes ; que je suis bien affligée de ne » pouvoir lui rendre les soins que ma tendre amitié » pour elle me dicterait. Il m'en coûte bien, depuis » trois semaines, d'être princesse ; c'est souvent une » terrible charge ! Mais jamais elle ne m'est plus désaxa gréable que lorsqu'elle empêche le cœur d'agir (4). »
Trompée parfois sur le danger de son amie, Madame Elisabeth se livrait à l'espérance avec l'illusion de son âge ; puis, la funeste réalité lui apparaissait de nouveau plus cruelle. Alors, elle s'unissait aux aspirations de la pieuse malade vers le ciel, sa dernière demeure. Elle communiait à son intention ; elle multipliait ses visites, et ne pouvait s'arracher de sa chambre désolée. Elle lui demandait de la bénir, comme elle eût béni l'une de ses filles ! Le 4 janvier, Mmo de Causans s'éteignit. Madame Elisabeth reporta l'affection qu'elle avait pour elle sur ses deux filles, Mme de Raigecourt et Mme de Mauléon. Elle ne négligea pas
il) Lettre à Mme Marie de Caugans.Coll. F. de Conches, p. 58.