LA COUR EN
non plus leur sœur, encore presque enfant, ni les intérêts de leur frère, M. de Causans. On la voit, à cette époque, adresser une demande en sa faveur au maréchal de Ségur, ministre de la guerre ; puis, non satisfaite d'avoir écrit, elle voulut se rendre chez le maréchal, l'entretenir, et elle obtint en effet une partie de ce qu'elle souhaitait (!).
Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas de donner les lettres de Madame Elisabeth è Mme de Mauléon, seconde fille de Mme de Causans. Nous dirons seulement qu'elles mériteraient de former un recueil de conseils précieux pour l'édification des âmes, et que l'élévation des sentiments qui les ont inspirées révèle la force et la prévoyance qu'une piété solide est capable de donner à la jeunesse et à l'inexpérience de la vie (2).
Au moment où la mort enlevait à Madame Elisabeth cette amie si respectable et si chère, elle voyait, avec peine, pénétrer dans son tranquille intérieur une étrangère qu'elle avait cru en tenir pour toujours à distance. C'était la politique, la brûlante politique de 1786 et de 1787, cette furie aux dehors séduisants qui empruntait une forme généreuse pour mieux lancer ses brandons de discorde dans les familles, dans les salons, jusque dans les monastères. A Bellevue, chez Mesdames; àBrunoy, chez Monsieur; à Bagatelle, chez le comte d'Artois ; à Trianon, chez la reine; à Sceaux, chez le paisible duc de Penthièvre ; à Montreuil, dans la petite maison de Mm* de Mackau, Madame Elisabeth entendait sans cesse discuter sur les affaires publiques, sur
(1) Lettre à Mme Marie de Causans. Coll. F. de Conches, p. 87.
(2) Ces lettres sont citées dans l'édition de l'éloge de Ferrai) d , publiée en 1861.