AS ASSEMBLÉE DES NOTABLES
tre triste et même sévère au sujet des ambitions de « la Société (1). • Plus tard, on la voit s'interdire certaines conversations politiques, préférer passer pour « ignorante des affaires, insouciante de la marche des événements, » et chercher, dans la retraite de St-Cyr, à oublier ces agitations dont à Versailles il fallait bien avoir sa part.
Le 29 janvier 1787, le Roi, en présence du désordre des finances, des signes de discordes qui se manifestaient de toutes parts, s'était décidé à convoquer rassemblée des notables. Une maladie de M . de Vergennes, ministre des affaires étrangères, reporta la réunion au 22 février. Louis XVI, entouré de sa famille, fit ce jour là l'ouverture de l'Assemblée. Il annonça son intention de faire des retranchements de dépense, tant dans sa maison que dans celle de sa famille, assurant que ceux qui seraient opérés dans sa maison seraient pour lui les moins pénibles, et qu'il espérait économiser une somme de quarante millions. Il ajouta qu'il prendrait les mesures les p 1 us efficaces pour empêcher le déficit de se renouveler dans l'avenir. Cent millions restaient à couvrir, et M. de Calonne, ministre des finances, présentait plusieurs propositions par l'adoption desquelles cette somme eût été facilement trouvée. Le clergé et la magistrature repoussèrent ces offres. Cette résistance des notables aux projets de réforme augmenta la disposition du Roi et celle de la Reine à favoriser l'esprit d'égalité, et à chercher dans l'assentiment du peuple un auxiliaire utile aux intentions de la royauté, contrariées par les ordres privilégiés.
(1) Lettres à Mesdames, citées par Mme Guénard.