‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 40 sur 284 · LETTRE SÉVÈRE DE MADAME ELISABETH · texte numérisé non relu

LETTRE SÉVÈRE DE MADAME ELISABETH

n'avait fait que suivre la tradition monarchique ; mais elle fait observer qu'on doit compter avec les situations qui imposent ou interdisent certaines mesures. Selon son opinion, il y avait péril, dans le cas actuel, à ébranler un des appuis de l'ancien gouvernement, à une époque où l'esprit démocratique se levait contre toutes les autorités. Mieux eût valu s'entendre avec le Parlement, et puiser dans ses conseils de nouveaux éléments d'existence, que de le frapper et de l'éloigner. Après cette réflexion vient une juste et sévère appréciation du caractère de Louis XVI. Elle « le sait incapable » de soutenir une mesure de fermeté et de rigueur, » toujours disposé à s'alarmer des scrupules de sa » conscience, à revenir sur ses pas, quand la Reine » l'a décidé à montrer de l'énergie. Il perd ainsi le » fruit d'un coup d'autorité en ne le soutenant pas, et » ne recueille rien de sa bonté, qui est prise pour de » la faiblesse. Il me semble, ajoute la princesse, * qu'il en est du gouvernement comme de l'éducation : » il ne faut dire : Je le veux, que lorsqu'on est sûr » d'avoir raison ; mais, lorsqu'on l'a dit, on ne doit » jamais se relâcher de ce que l'on a prescrit. » Puis elle finit en prédisant que six mois ne s'écouleront pas sans le rappel du Parlement et une convocation des Etats-Généraux.

En même temps que Madame Elisabeth jugeait ainsi le Roi, elle donnait à ce prince une preuve de dévouement qu'il n'oublia jamais, et qu'il lui fut doux de se

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