‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 42 sur 284 · LE CHAPITRE DE REMI REMONT · texte numérisé non relu

LE CHAPITRE DE REMI REMONT

France en révolte contre les privilèges et contre les lois anciennes, était une idée singulière. Madame Eli* sabeth le comprit sans doute. Mais ce qu'elle savait mieux encore, c'est qu'elle ne pouvait et ne voulait à aucun prix quitter le Roi, abandonner la Reine, si menacée après avoir été si calomniée, et s'éloigner de cette famille malheureuse, objet de toutes les affections de son cœur. L'offre du chapitre de Remiremont fut écartée, et les nobles dames de Lorraine et d'Allemagne durent renoncer à leur ambitieux espoir de voir une fille de France porter la crosse abbatiale sous les voûtes de l'antique église de Saint-Romeric.

Quelques hommages venaient ainsi rappeler à la famille royale le prestige que sa situation conservait encore. Toutefois ces marques de confiance dans la durée de son autorité s'affaiblissaient ; les cours de l'Europe ne pouvaient plus guère ignorer les difficultés que le gouvernement de Louis XVI ne cessait d'éprouver. L'Angleterre, profondément irritée contre laFrance depuis la guerre d'Amérique, travaillait activement à ruiner ce qui nous restait de crédit au dehors, et de sécurité à l'intérieur. On sait quelle part elle eut dans les premières émeutes, et dans les agitations qui précédèrent la réunion des Etats-Généraux.

Parmi les derniers rayons de ce soleil de Versailles, emblème de la puissance de Louis XVI et touchant à son déclin, trois scènes d'une grandeur imposante frappèrent le cœur de Madame Elisabeth. La première fut la fête séculaire de la fondation de Saint-Cyr, à laquelle le roi la chargea de présider, et qui réunit un nombreux concours d'anciennes élèves, avec leurs parents, dans l'enceinte du monastère royal. « Madame Elisabeth, ra-

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