‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 44 sur 284 · ARRIVÉE A VERSAILLES DU PRINCE D'ANNAM · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A VERSAILLES DU PRINCE D'ANNAM

dans le salon d'Hercule, un enfant étranger, l'héritier du roi d'Annam, qui venait implorer notre protection contre un ennemi qui menaçait le trône et la vie de son père. Un missionnaire et deux de ses parents l'accompagnaient. Après s'être prosterné devant Louis XVI, selon l'usage orientai, il fut accueilli avec bonté par la famille royale, et devint l'objet de l'intérêt général. Agé de dix ans à peine, vêtu d'une robe de mousseline couverte d'un manteau broché de soie et or, il avait une figure douce et régulière, une physionomie mélancolique et intelligente. Il ne savait que quelques mots de français, qu'il avait appris de son gouverneur ecclésiastique pendant la traversée. Madame Elisabeth essaya d'établir une conversation avec lui, et lui témoigna une sympathie qu'il parut comprendre. Elle était profondément émue à la vue de cet enfant, dont le père subissait tant d'outrages et de dangers, et qui s'exposait pour le servir aux hasards d'un voyage de plusieurs mois sur l'Océan des Indes. Louis XVI accorda au jeune prince un secours de huit cents hommes, sous la conduite de M. de Clermont. Deux frégates, la Méduse et la Dryade, partirent également sous le commandement de M. de Kersaint. L'arrivée de ces forces ranima le courage des fidèles du roi d'Annam, et entraîna l'élan d'une armée nationale de soixante mille Indiens. Les rebelles furent vaincus, tandis que les frégates jetaient l'épouvante sur la côte qu'ils occupaient encore.

Dans ces régions lointaines, la France était toujours la grande nation de la paix deNimègue, où Louis XIV l'avait couronnée d'une gloire sans égale. Après le prince d'Annam, ce furent les envoyés de Tippoo Sahëb

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